La mort de Pierre Sidos

MORT DE PIERRE SIDOS

Communiqué du 8 septembre 2020

 

     Pierre Sidos, successivement dirigeant de Jeune Nation, du Parti nationaliste, puis de l’Oeuvre française est mort le 4 septembre dernier.

     Contrairement à certains qui lui ont tissé des lauriers, j’entends comme toujours dire les choses telles qu’elles furent, au risque de peiner ou de heurter certains dans leurs illusions.

     Première ambiguïté, contrairement à la « vulgate », Pierre Sidos n’était pas nationaliste au sens doctrinal strict et historique du terme, mais a toujours été bonapartiste.

     Premier signe, ce fut le 22 octobre 1949, que le mouvement Jeune nation était présenté pour la première fois au siège du Souvenir napoléonien, rue du Cirque à Paris.

     Pour qui connaît l’action révolutionnaire de Napoléon Bonaparte, dont ses armées ont propagé la maçonnerie à travers l’Europe, ouvrant des loges à mesure de leurs conquêtes dans les principales villes européennes, se dire « bonapartiste » constitue une antinomie avec les fondements du nationalisme français (1),(2).

     Ce que font aujourd’hui ceux qui lui tressent des couronnes.

     Pourtant les débuts de Jeune nation avaient été prometteurs, bénéficiant de l’arrivée de jeunes cadres nationalistes bien formés, l’œuvre de mon père y ayant participé !

     On remarquait la qualité des articles dans la revue Jeune nation, à laquelle participait aussi, bénévolement, mon père.

     Ce fut l’époque de l’essor dans les facultés, des Fédérations des étudiants nationalistes dont les organes publiaient aussi des articles de bonne formation doctrinale.

     Le parti allait être victime de son interdiction par le Pouvoir, mais surtout il allait pâtir de la déviation doctrinale des Alain de Benoist et Dominique Venner, pagano-athées furieusement anticatholiques et européistes, dans leur vison d’une “Europe-nation” fantasmée, un « européisme » parfaitement contraire au nationalisme français.

     À l’époque, seul mon père avait mis en garde contre cette déviation naissante qui allait changer le sens du combat nationaliste, sans que Pierre Sidos réagisse et tranche.

     À partir de là, le parti allait progressivement se défaire, ses meilleurs éléments le quittèrent, constatant l’absence d’une main ferme.

     Le drame de l’Algérie française allait confirmer le manque de résolution de Pierre Sidos à l’occasion de l’assassinat de Michel Leroy et de son adjoint René Villard, cadres du Front nationaliste, antenne de Jeune nation en Algérie, accusés par le gaulliste Jean-Jacques Susini, adjoint du général Salan à la tête de l’OAS, d’avoir eu des contacts avec le Pouvoir en vue d’une partition de l’Algérie !

     C’était plutôt leur ferme ligne nationaliste qui dérangeait le gaulliste Jean-Jacques Susini, dont on devait apprendre par les Renseignements suisses, ses contacts avec l’Ambassade des États-Unis ! (3), (4)…

     À nouveau, on ne pouvait que constater le manque de réaction de Pierre Sidos, laissant impuni le meurtre de ses deux lieutenants.

     Passé le bradage de l’Algérie française on retrouvait le très douteux Jean-Jacques Susini devenu cadre du Front national de J-M Le Pen, un autre panier de crabe après l’OAS et ses trahisons !

     Là encore, en dépit de mes mises en garde à Pierre Sidos on le retrouvait en soutien à J-M Le Pen (5).

     La nomination du très primaire et provocateur Yvan Benedetti comme successeur désigné par Pierre Sidos, allait sonner le glas du parti.

     Par ses provocations ineptes, il allait réussir à faire interdire L’Oeuvre française, qui avait remplacé Jeune nation interdite.

      Il est une autre facette déplaisante de Pierre Sidos :

     Lors de la publication de ma première édition du Nationalisme français je m’étais étonné auprès d’Yvan Benedetti de l’absence de toute allusion à sa parution dans Jeune nation alors qu’à la demande de Pierre Sidos, j’y avais repris la collaboration de mon père :

     Yvan Benedetti me raccrochant au nez pour toute explication …!

    Ce ne fut que quelques années plus tard que j’allais en connaître, à quelques années de distance, la raison par deux ex-cadres du parti :

     L’interdiction de parler de mon livre dans les colonnes de Jeune nation venait de Pierre Sidos lui-même qui, apprenant la sortie de mon livre, avait vitupéré :

     « C’est à moi qu’incombait cette tâche » … !

     Le problème c’est qu’il n’aura pas laissé un seul livre de formation doctrinale et l’on peut dire à regret que Jeune nation, par manque de poigne de son chef, sera devenu une voie de garage qui, vidé de ses cadres et militants, ne compte plus aujourd’hui.

     Voilà pourquoi au risque de peiner certains, d’en indigner d’autres, je ne peux m’associer aux pleurnicheries sentimentales autour de son décès.

     La politique n’est pas une affaire de sentiment, mais de rigueur et de détermination.

     Je me contenterai donc de dire « paix à son âme ».

 

Philippe Ploncard d’Assac

Président des Cercles nationalistes français

 

(1) P. P. d’Assac. Bonaparte, Hitler, Poutine, S.P.P.

(2) P. P. d’Assac. Le Nationalisme français. S.P.P.

(3) P. P. d’Assac. L’Armée française face à la destruction de la nation. S.P.P.

(4) Olivier Dard. Au coeur de l’OAS. Perrin, 2005.

(5) P. P. d’Assac. Histoire d’une trahison. S.P.P.

3 réflexions au sujet de « La mort de Pierre Sidos »

  1. Cela a le mérite d’être CLAIR !
    Et qu’après une vie, sommes toutes très bien remplie, Monsieur Pierre SIDOS, puisse reposer en Paix !
    Et que NOTRE ESPRIT NATIONAL PERDURE ENCORE LONGTEMPS !

  2. Le parti de Benedetti interdit par la République maçonnique, ce serait la faute de ceux qui sont interdits ?

    Donc l’absence de répression contre le Dr Ploncard d’Assac, ce n’est pas grâce à la République maçonnique, mais grâce au Dr ?

    Est-ce bien la relation entre le pouvoir et ses assujettis ?

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